Spielberg est de retour, et il a choisi de nous poser LA question
Ça faisait longtemps. Et pas n'importe quel retour : Disclosure Day est le nouveau film de Steven Spielberg, et le synopsis, trois lignes, une question ouverte sur l'existence d'une vie extraterrestre, a quelque chose de presque modeste pour un homme capable d'ébranler une culture pop entière avec deux notes de piano et un aileron qui dépasse de l'eau.
Le casting donne des indices sur l'ambition. Emily Blunt en tête, Josh O'Connor (qu'on n'arrête plus depuis Challengers), Colin Firth, Colman Domingo, on n'aligne pas un plateau pareil pour faire un divertissement de surface. Le film se positionne dans ce territoire que Spielberg maîtrise mieux que quiconque : le thriller de la révélation progressive, où la peur n'est pas celle du monstre mais celle de comprendre que le monde n'est pas ce qu'on croyait. Close Encounters, E.T., même War of the Worlds à sa manière, toute l'œuvre du bonhomme tourne autour de ce vertige-là. Conspiracy thriller, secrets gouvernementaux, une météorologue au centre du récit : ça ressemble à un Spielberg qui n'a rien perdu de ses obsessions.
La vraie curiosité, c'est de voir s'il joue la carte de l'effroi ou celle de l'émerveillement. Parce que la question posée par le synopsis, "cela vous effraierait-il ?", suggère que lui-même ne tranche pas encore. Et c'est peut-être ce qui rend Disclosure Day plus intriguant que n'importe quel blockbuster annoncé en fanfare cette année.
Des films qui assument ce qu'ils sont, et c'est déjà beaucoup
The Furious arrive dans la même semaine sans faire le même bruit, mais avec un argument simple et honnête : Xie Miao (prodige des arts martiaux des années 90, enfant star de New Legend of Shaolin aux côtés de Jet Li) face à Joe Taslim et Yayan Ruhian, soit deux des meilleurs combattants du cinéma d'action contemporain, tous deux issus de The Raid. Le scénario est celui qu'il faut pour justifier que tout le monde se tape dessus : un père cherche sa fille kidnappée, un journaliste cherche sa femme disparue, la police est corrompue, et personne n'a le temps d'attendre. C'est une co-production sino-indonésienne chorégraphiée par Kiyoshi Yamazaki (qui a travaillé sur des dizaines de films d'action asiatiques), et si la mécanique narrative est prévisible, l'exécution physique promet d'être d'une autre trempe. Le cinéma d'action asiatique ne triche pas avec les corps. On verra.
Stop! That! Train! joue dans une catégorie entièrement différente, et assume pleinement son camp, sa folie, son esthétique drag queen brandie comme un étendard. RuPaul, Jujubee, Ginger Minj, Brooke Lynn Hytes : c'est presque un épisode de Drag Race qui aurait muté en disaster movie des années 70. Adam Shankman (le bonhomme derrière Hairspray) est exactement la bonne personne pour ça, il n'a jamais prétendu faire autre chose que du spectacle coloré et jouissif. Est-ce que ça marchera ? Aucune idée. Mais l'existence même de ce film, avec ce casting, dans un multiplexe en juin 2026, est en soi une petite victoire.
En marge, deux films arrivent avec moins de bagages promotionnels mais pas sans curiosité. In the Hand of Dante, de Julian Schnabel (peintre-cinéaste qui ne fait jamais les choses simplement), réunit Oscar Isaac, Gal Gadot, Gerard Butler et John Malkovich autour d'un manuscrit volé de la Divine Comédie réapparu à New York. Le mélange d'investigation littéraire et de film criminel a de quoi séduire, surtout avec Isaac, qui ne choisit jamais un projet par hasard. Et puis il y a NEW GROUP, film d'horreur japonais signé Yuta Shitazu, avec Anna Yamada dans le rôle principal. Quasi aucune info disponible. Synopsis vide, mystère total. C'est parfois le meilleur présage qui soit pour un film d'horreur, ou le pire. On ne saura que mercredi.
Cinq films, cinq propositions qui ne se ressemblent pas. La semaine du 10 juin ne se contente pas d'exister, elle a le bon goût d'être diverse. Rendez-vous dans les salles.
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